La Marina Militare entre dans une nouvelle phase de renouvellement de sa flotte de patrouille. Le 29 septembre, l’Ugolino Vivaldi (P 440), tête de série d’une nouvelle génération de patrouilleurs hauturiers (OPV), a quitté pour la première fois le chantier Fincantieri de Riva Trigoso, en Ligurie. Ses premiers essais en mer se sont déroulés dans le golfe de La Spezia et au large de l’île du Tino.
Menés par l’équipage et par le personnel de MARINALLES, le commandement chargé de la mise en service des nouvelles unités, ces essais ont porté sur la plateforme, la propulsion et les principaux systèmes de bord. Une attention particulière a été accordée à la manœuvrabilité et aux performances générales du navire. Ils ouvrent un programme de tests et de recettes qui doit conduire à la livraison du bâtiment à la Marine en 2027.
Le calendrier a été tenu : la découpe de la première tôle remonte à septembre 2024, la pose de la quille à décembre de la même année et la mise à l’eau au 21 février 2026.
Long d’environ 95 mètres pour 14,2 mètres de large, l’Ugolino Vivaldi déplace près de 2 400 tonnes à pleine charge. Son tirant d’eau limité à 5,4 mètres lui permet d’accéder à un grand nombre de ports, et son autonomie atteint environ 3 500 milles nautiques. Des ailerons stabilisateurs actifs l’aident à opérer par mer forte.
Le navire peut loger jusqu’à 93 personnes, mais son équipage de base ne compte qu’environ 70 marins, grâce à un haut niveau d’automatisation. Sa passerelle intègre un « cockpit naval », hérité des patrouilleurs polyvalents PPA et développé par Fincantieri NexTech et Leonardo : deux opérateurs, un pilote et un copilote, y pilotent les moteurs, les gouvernails, les systèmes de plateforme et une partie du système de combat. Le bâtiment pourra mettre en œuvre un hélicoptère et dispose d’un local dédié au contrôle de drones.
L’Ugolino Vivaldi est le premier de quatre patrouilleurs, avec une option pour deux unités supplémentaires. Le programme, d’une valeur d’environ 1,2 milliard d’euros soutien logistique compris, est piloté par Orizzonte Sistemi Navali, la coentreprise détenue à 51 % par Fincantieri et à 49 % par Leonardo, pour le compte de la Direction des armements navals. Ces navires remplaceront les patrouilleurs de première génération de la classe Cassiopea.
Leurs missions couvrent la présence et la surveillance maritimes, le contrôle du trafic marchand, la protection des lignes de communication et de la zone économique exclusive italienne, la lutte contre les trafics illicites, le sauvetage en mer et la lutte contre la pollution, notamment les déversements de produits toxiques.
Le navire porte le nom du navigateur génois du XIIIe siècle, mais rend aussi hommage à un précédent Ugolino Vivaldi, sabordé en septembre 1943. Sa marraine, Alessandra Marsigli Cavriani, est la petite-fille du capitaine de corvette Alessandro Cavriani, mort lors de ce sabordage et décoré à titre posthume de la médaille d’or de la valeur militaire.
Pour l’Italie, dont les approches maritimes concentrent flux migratoires, trafics et routes commerciales stratégiques, cette nouvelle classe marque une montée en gamme. Plus grands et plus connectés que leurs prédécesseurs, ces patrouilleurs dépassent le simple rôle de garde-côtes et confirment l’avance de Fincantieri et Leonardo sur le segment des navires de surveillance multimissions.
Source : https://www.meretmarine.com/fr/defense/la-marine-italienne-debute-les-essais-de-son-nouvel-opv