Budget 2027 : Rome envisage de taxer davantage les énergéticiens

À l’approche de la présentation de son budget 2027-2029, le gouvernement italien cherche de nouvelles recettes. Selon des sources citées par Reuters le 23 octobre, Rome envisage d’alourdir la fiscalité des entreprises du secteur de l’énergie afin de financer des baisses d’impôts et des dépenses supplémentaires. Ce sera le dernier budget de Giorgia Meloni avant les élections législatives de l’an prochain, dans un contexte rendu plus difficile par la hausse des prix de l’énergie et du coût de la dette.

L’outil envisagé est l’IRAP, l’impôt régional sur les activités productives, appliqué à toutes les entreprises qui produisent, distribuent ou fournissent des produits énergétiques. Le gouvernement a déjà utilisé ce levier en février : il a porté le taux applicable aux énergéticiens de 3,9 % à 5,9 % pour 2026 et 2027, afin de dégager environ 1 milliard d’euros de recettes supplémentaires sur deux ans.

Deux options sont aujourd’hui sur la table : relever encore ce taux ou prolonger le taux de 5,9 % jusqu’en 2029. Le projet de plan budgétaire publié la semaine précédente par le Trésor ne mentionnait pas de nouveau prélèvement sur l’énergie. Il prévoyait en revanche des hausses d’impôts non détaillées de 10 à 11 milliards d’euros sur trois ans, soit 0,44 % du PIB, et un montant comparable de recettes supplémentaires provenant du secteur financier d’ici à 2029.

La piste intervient alors que les grands groupes énergétiques affichent des résultats exceptionnels. Eni, contrôlé par l’État, a annoncé un dividende exceptionnel de 1,3 milliard d’euros et un renforcement de ses rachats d’actions, après avoir plus que doublé son bénéfice net au troisième trimestre sur un an. Son action a atteint un plus haut depuis près de vingt ans.

Le mois dernier, plusieurs énergéticiens, dont Eni, avaient accepté de plafonner les prix des carburants pour aider le gouvernement à contenir la flambée à la pompe. Ce geste avait été largement interprété comme une manière d’éviter une taxe sur les superprofits. Le recours à l’IRAP permettrait au gouvernement de mettre le secteur à contribution sans créer un nouvel impôt.

Le gouvernement doit aussi composer avec une colère sociale qui s’étend. Les manifestations contre la vie chère se multiplient au nord comme au sud du pays. Des chauffeurs routiers bloquent depuis une semaine des routes dans le sud pour protester contre le prix du carburant, et des émeutes ont éclaté le week-end précédent dans plusieurs villes du nord, dont Milan. Les chauffeurs de taxi rejoignent le mouvement et prévoient un rassemblement devant le ministère de l’Économie pour réclamer des aides face à la hausse du gazole.

Pour Rome, l’équation est serrée. Le gouvernement doit financer des mesures de soutien au pouvoir d’achat tout en préservant ses engagements envers Bruxelles, alors que l’Italie vise une sortie de la procédure pour déficit excessif à la mi-2027. Taxer des entreprises aux profits élevés présente l’avantage d’être politiquement plus acceptable qu’une hausse générale des impôts. Reste à savoir comment les marchés et les investisseurs du secteur accueilleront cette nouvelle ponction.

Le projet de budget doit être présenté dans les prochains jours. Il dira si l’énergie devient, comme les banques, l’un des principaux contributeurs à l’effort budgétaire italien.

Source: : https://www.zonebourse.com/actualite-bourse/la-italie-pourrait-augmenter-la-fiscalite-des-energeticiens-pour-financer-son-budget-selon-des-sou-ce785cdfda8bf02c