France et Italie relancent leur coopération nucléaire lors du sommet d’Antibes : un partenariat stratégique pour la souveraineté énergétique européenne

La coopération nucléaire entre la France et l’Italie connaît une nouvelle dynamique avec la relance des échanges bilatéraux autour de l’énergie atomique à l’occasion du sommet d’Antibes. Alors que l’Europe cherche à renforcer son indépendance énergétique et à accélérer sa transition bas carbone, Paris et Rome réaffirment l’importance du nucléaire comme un levier industriel, technologique et stratégique.

Cette initiative intervient dans un contexte européen marqué par une double nécessité : réduire les émissions de gaz à effet de serre tout en garantissant la sécurité des approvisionnements énergétiques. La crise énergétique déclenchée par les tensions géopolitiques récentes a renforcé la volonté de plusieurs États membres de diversifier leurs sources d’énergie et de limiter leur dépendance aux importations fossiles. La France, qui dispose du plus grand parc nucléaire européen, considère depuis longtemps l’atome comme un pilier de sa stratégie énergétique. L’Italie, de son côté, avait abandonné la production nucléaire civile après les référendums de 1987 et 2011, mais revient progressivement dans le débat sur l’énergie nucléaire face aux nouveaux défis industriels et climatiques. Rome cherche désormais à explorer les possibilités offertes par les nouvelles technologies, notamment les petits réacteurs modulaires (SMR).

Le rapprochement franco-italien s’inscrit ainsi dans une logique de coopération industrielle. Les deux pays disposent d’écosystèmes complémentaires : la France possède une forte expérience dans la conception et l’exploitation des réacteurs nucléaires, tandis que l’Italie conserve un tissu industriel et scientifique capable de contribuer à des projets innovants. Des groupes comme EDF, Framatome ou encore des entreprises italiennes spécialisées dans l’ingénierie énergétique pourraient être concernés par cette nouvelle phase de collaboration.

Au-delà de la production d’électricité, le nucléaire représente également un enjeu de compétitivité industrielle. La disponibilité d’une énergie stable et décarbonée est devenue un facteur déterminant pour attirer les investissements dans des secteurs stratégiques tels que l’industrie manufacturière, l’intelligence artificielle ou encore les infrastructures numériques. Pour les deux pays, renforcer leur coopération nucléaire revient donc aussi à soutenir leur base industrielle.

Cette dynamique s’inscrit également dans le cadre plus large de la politique énergétique européenne. Alors que l’Union européenne tente de concilier objectifs climatiques et compétitivité économique, le nucléaire occupe une place croissante dans les discussions communautaires. Plusieurs États membres considèrent désormais cette technologie comme indispensable pour atteindre la neutralité carbone tout en maintenant un approvisionnement énergétique fiable.

Pour l’Italie, ce rapprochement avec la France constitue une opportunité de revenir progressivement dans un secteur stratégique sans nécessairement reproduire le modèle nucléaire traditionnel. Le développement de technologies plus flexibles, comme les réacteurs de petite taille, pourrait permettre au pays de participer à la future chaîne de valeur nucléaire européenne. Le sommet d’Antibes confirme ainsi que l’énergie est devenue un domaine central de la relation franco-italienne. Après les coopérations dans l’industrie, les infrastructures et la défense, le nucléaire apparaît désormais comme un nouveau pilier du partenariat entre Paris et Rome, avec un objectif commun : renforcer la souveraineté énergétique européenne.

Source : https://energynews.pro/la-france-et-litalie-relancent-leur-cooperation-nucleaire-lors-du-sommet-dantibes