Leonardo affiche un premier semestre 2026 particulièrement dynamique, marqué par une progression significative de ses prises de commandes et par l’amélioration de ses perspectives financières. Pour Lorenzo Mariani, récemment nommé à la tête du groupe italien de défense et d’aéronautique, ces résultats constituent un début de mandat particulièrement favorable. Leonardo a enregistré environ 16 milliards d’euros de nouvelles commandes sur les six premiers mois de l’année, soit une hausse de 45 % par rapport à la même période de l’année précédente. Cette performance conduit également le groupe à relever certaines de ses prévisions pour l’ensemble de l’exercice.
Cette progression intervient dans un contexte particulièrement favorable aux industriels européens de défense. Depuis le début de la guerre en Ukraine, les gouvernements européens ont engagé une hausse importante de leurs dépenses militaires. Le renouvellement des équipements, l’augmentation des stocks de munitions et le développement de nouvelles capacités de défense aérienne, de drones, de guerre électronique et de renseignement alimentent une demande qui devrait rester élevée dans les prochaines années.
Leonardo bénéficie directement de cette tendance. Le groupe occupe une position diversifiée dans plusieurs segments stratégiques, allant des hélicoptères aux avions militaires, en passant par l’électronique de défense, les radars, les systèmes de surveillance et les technologies spatiales. Cette diversification constitue un avantage dans un marché où les besoins militaires évoluent rapidement et où les États recherchent de plus en plus des solutions intégrées.
La forte progression des commandes est particulièrement importante pour Leonardo car elle offre au groupe une meilleure visibilité sur son activité future. Les contrats de défense s’étendent généralement sur plusieurs années et permettent donc de sécuriser progressivement les revenus à venir. La constitution d’un carnet de commandes important facilite également les investissements industriels nécessaires pour augmenter les capacités de production.
L’arrivée de Lorenzo Mariani intervient précisément à un moment où Leonardo cherche à accompagner cette montée en puissance. Son profil fortement industriel correspond à la transformation du groupe, qui doit désormais répondre à une demande européenne beaucoup plus importante. L’enjeu ne consiste plus uniquement à remporter des contrats, mais aussi à être capable de produire davantage, plus rapidement et avec une chaîne d’approvisionnement suffisamment robuste.
Cette question est particulièrement importante pour l’Europe. Les industriels du continent doivent simultanément augmenter leurs capacités et réduire certaines dépendances vis-à-vis des fournisseurs extérieurs. Leonardo se retrouve ainsi au cœur des discussions européennes sur la construction d’une base industrielle et technologique de défense plus autonome.
La coopération internationale constitue également un élément essentiel de la stratégie du groupe. Leonardo participe à plusieurs programmes européens et multinationaux, notamment dans l’aéronautique et la défense. L’entreprise est ainsi impliquée dans des projets associant notamment l’Italie, le Royaume-Uni et le Japon, mais aussi dans différents programmes franco-italiens liés aux missiles, à l’électronique et à la défense aérienne.
Le contexte est donc favorable à une intensification des coopérations industrielles. Pour Rome, disposer d’un groupe comme Leonardo capable de participer aux grands programmes européens représente un atout stratégique. Pour les partenaires européens, l’entreprise italienne constitue également une capacité industrielle importante dans des secteurs où les investissements nécessaires sont considérables.
La révision à la hausse des perspectives de Leonardo traduit enfin la confiance du groupe dans la durée de cette dynamique. La hausse des budgets militaires européens ne devrait pas être uniquement conjoncturelle : plusieurs États ont annoncé des programmes d’investissement pluriannuels destinés à moderniser leurs forces armées.
Le premier semestre 2026 apparaît ainsi comme un tournant pour Leonardo. Avec 16 milliards d’euros de commandes et une progression de 45 %, le groupe confirme la vigueur de son activité et offre à son nouveau dirigeant une base solide pour poursuivre sa stratégie. L’enjeu des prochaines années sera désormais de transformer cette demande exceptionnelle en capacités industrielles durables, tout en renforçant la place de l’Italie dans la construction d’une défense européenne plus intégrée.